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Snack content : attention à l’indigestion

Mis à jour : 17 nov. 2020


Pour répondre au format des réseaux sociaux et à un temps d’attention des internautes de plus en plus limité, certaines marques et agences misent sur le snack content : des contenus très courts, viraux et attractifs. Une solution à double tranchant.

Face au flux permanent et sans cesse plus important d’informations, le temps d’attention des jeunes pour chacune de ces informations est passé de 12 secondes en 2000 à 8 secondes en 2015, selon une étude menée par Microsoft. Soit légèrement moins que ce dont est capable un poisson rouge (9 secondes), note l’entreprise…


Du snack au junk : une frontière perméable

Faisant davantage appel à l’émotion que vecteur d’information, le snack content peut prendre différentes formes :

- vidéos courtes (10 secondes max),

- infographies,

- citations,

- et bien sûr le GIF, véritable star du snacking.

« Idéals pour capter l’attention d’une audience cible, ils se distinguent par leur capacité à être digérés rapidement, comprenez « lus et assimilés rapidement par votre audience », ce qui est quand même le principal objectif recherché par tout producteur de contenus ! Leur caractère plaisant et attractif favorise par ailleurs l’engagement des lecteurs », résume Invox sur son blog. Certaines agences s’en sont même fait une spécialité, à l’image de Rébellion qui propose une offre all inclusive de 4 800 euros mensuels pour ce type de contenus. Attention toutefois à l’indigestion. Sans une stratégie éditoriale claire et une utilisation raisonnée, le snack content peut contribuer à dévaloriser le discours de la marque, à le vider de sa substance.


Le snack comme hameçon vers le long content

Quentin Baltus, International Digital Activation Manager chez L’Oréal, donne l’exemple de la stratégie éditoriale mise en œuvre pour le lancement de House 99, la marque de grooming de David Beckham :« Nous avons produit des formats longs avec Vice à partir desquels nous avons découpé des contenus snacks. Les contenus courts sont l’occasion de rediriger le consommateur vers un contenu plus long. Cette stratégie associée à l’image de David Beckham, nous a permis de gagner 105 000 followers de manière organique en 5 mois. » Capter l’attention oui, mais pour la diriger vers un contenu de fond.


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Prise de conscience

Les marques l’ont bien compris, même celles qui ont fait du snacking le cœur même de leur business, note l’agence Chemestry : « Aujourd’hui, l’intérêt du format long et immersif est tel qu’il attire des marques issues de l’ère même du « snacking » : exemple avec Tinder – l’appli snacking par excellence – qui lance elle aussi une série de podcasts. Avec des épisodes de 20 minutes, DTR – « Define The Relationship » – est une chronique intime qui décortique les codes de la séduction à l’ère des applis de rencontre. De son côté, Grindr a dévoilé en mars un magazine online composé d’articles dépeignant la scène gay et ses codes culturels. Deux applis basées sur la consommation instantanée qui se diversifient pour produire des contenus plus profonds : une bonne façon de créer de la valeur, pour aller plus loin que le swipe ».


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